Mardi, j’ai mangé ça:

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Probablement le meilleur riz gluant au lait de coco et durian de Paris. Chez Lao-Thaï, rue de Tolbiac, à Paris 13. C’est un dessert (et je ne suis pas fan de sucré) que j’adore mais il est rare à Paris. Quand j’en trouve et que je le commande, on me demande toujours “Vous connaissez ?”, et je suis toujours obligée de rassurer le serveur “Oui, j’aime le durian”. Parce que, la violente réaction de dégoût qu’a exhibé une amie française est la plus fréquente: “Ça pue ton truc! C’est infect! Ça sent les pieds! Beurk!”. C’est pour cela que ce dessert au durian n’est servi que dans quelques rares restaurants “authentiques” …mais toujours bons. Comme si le durian était un gage de qualité du restaurant.

Mercredi, j’ai vu ça:

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Des truffes blanches qui arrivaient dans un restaurant triplement étoilé parisien. “Pas terribles” d’après le chef mais quand même catégorie premier choix. Lorsqu’il a ouvert la caisse en polystyrène, le parfum de la truffe a rempli la cuisine et tout le monde a fait “mmmm!” avec un sourire rêveur.

Et c’est alors que je me suis dit. Comment un Asiatique du sud-est, habituée depuis la naissance à l’odeur du durian, réagirait-il la première fois, quand, adulte, il sentira celle de la truffe blanche? Le champignon, comme le fruit, dégage un parfum (quand on aime), une odeur (quand on n’aime pas) envahissants, enivrants, puissants à tel point qu’on les sent depuis des kilomètres et même à travers le polystyrène (un peu).

Oui, je sais, vous allez hurler. Sacrilège! Elle ose comparer le parfum de la truffe blanche à l’odeur qui pue du durian! Mais lorsque je colle mes narines à une truffe blanche, lorsque je hume le parfum du durian, pour moi c’est pareil. J’ai envie. Alors que l’un comme l’autre se sent de très loin et, il faut l’admettre, dégage une odeur … incomparable. La preuve, c’est que la truffe est prisée pour son merveilleux parfum. Et que c’est un gage de qualité d’un restaurant ou au moins du prix de l’addition.

La première fois que j’ai senti un durian, j’ai détesté. Je ne me souviens plus de la première fois que j’ai mangé de la truffe blanche, mais en tout cas, les enfants souvent n’aiment pas. Ce sont deux produits très très particuliers qu’on “apprend” à aimer. Mais quand on aime…

Finalement, ce n’est qu’une différence culturelle, non?