Un som tam dans un de ces attrape-touriste qui longent la rue principale de Chaweng, à Koh Samui, qui proposent tous des langoustes, gambas, poissons en barbecue, quelques plats thaïs que tout le monde connaît ainsi que pizzas, spaghettis et hamburgers pour les touristes un peu étroits du palais.

J'aime le som tam, la salade de papaye verte qu'on trouve partout en Thaïlande, que ce soit dans la rue, à emporter dans un petit sachet en plastique simplement fermé par un élastique, dans des restos petits et grands décorée avec un bout de carotte taillée en fleur. Les ingrédients sont généralement de la papaye verte en julienne, des cacahuètes, de l'ail, du citron vert, du nam pla (nuoc mam thaïlandais), des petits piments verts thaïs frais (celui qui arrache vraiment), du sucre de palme et quelques tomates cerises fendues en deux. Pour un som tam thai, des crevettes séchées. Pour un som tam lao, des petits crabes dans leur carapace, saumurés. Le tout bien mélangé dans une sorte de pot dédié, avec un gros pilon et une cuillère.

Je l'avais découverte lors de mon tout premier voyage en Thaïlande, seule avec mon petit sac à dos. Et j'avais ramené en bagage cabine le pot « à som tam » pour en faire chez moi à Paris. On trouve tous les ingrédients dans le 13ème…mais ce n'est jamais pareil. Est-ce la différence des produits, forcément moins frais, moins parfumés? La touche native, indéfinissable, qui manque, qu'une Japonaise n'a pas et n'aura jamais? Ou tout simplement le climat, l'air, le terroir qui change subtilement mais irrémédiablement le goût de toute chose?

Même si j'avais envie de dire « apportez moi les ingrédients et le matériel, je vais le faire moi même », ce som tam pourtant fadasse, avec très peu de piments, mal mélangé, manquant de citron, de nam pla, de tout, avait ce parfum qu'on ne trouve nulle part ailleurs qu'ici, sur sa terre natale.