Carnet de voyage Je ne voulais pas mais…

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Et voilà! Je ne voulais pas en parler car il y a déjà assez de monde, il faut y aller à 19h pour avoir une table et on ne peut pas réserver (pas vraiment). Mais en y repensant, j’ai besoin d’en parler.

Un resto, aussi improbable soit-il, recommandé par des copains geeks. Comme quoi, les geeks peuvent manger aussi.

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“Salade” de wakamé. Sauce soja, vinaigre chinois, piment rouge. Frais, léger, bon. Salé, acide, équilibré. Wakamé rustique qu’on ne mettrait pas dans une soupe miso, leur force tuerait la soupe. Très très bon début.

Dans une sombre ruelle à côté de Saint-Lazare, où il n’y a pas si longtemps que ça, il y avait des dames de la nuit comme disait ma fille (ce n’est pas moi qui lui ai appris ça), dont témoignent encore les 2 sex-shops qui survivent, maigrement je pense.

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“Galette” de pommes de terre. Comme des frites fines, mais avec de la farine ou de la fécule pour un peu coller le tout et pour amidonner encore. La texture est à la fois croustillante, mais ce n’est pas vraiment le but. Ce qui est bon ici, c’est que la pomme de terre est assaisonnée avant d’être frite. Elle a le temps d’absorber…sel, poivre, une goutte de sauce peut-être et bien sûr du glutamate. Mais cela reste bon, car dosé à point. Ce qui est bon aussi, c’est la cuisson: tendre, avec un croustillant très subtil. On ne cherche pas la frite croustillante et légère: ici, c’est la texture douce de la pomme de terre et son goût chaleureux et rustique qui priment.

Rue Budapest, une rue qu’on a du mal à trouver tant elle ne ressemble pas à une rue, et qui n’est même pas une impasse. Une non-rue qui aboutit sur une place pavée où on ne penserait même pas à s’assoir pour prendre un peu de soleil. Je n’aurais jamais pensé que je rêverais d’y retourner un jour…

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Était-ce le poulet sauté aux piments? Je ne me souviens plus. Il me semble qu’il y avait du poivron vert et du piment vert, d’où “aux piments”. Je confonds peut-être avec un autre plat dont j’ai oublié de prendre la photo. Ah! Il faut vraiment que j’y retourne.

Car il y a là un petit boui-boui chinois où on mange vachement bien. Je n’y suis allée qu’une fois. Je n’ai donc pas tout mangé, loin de là. Mais les quelques plats goûtés ce jour-là m’ont sacrément donné envie de faire l’expérience de toute la carte.

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Crevettes à je ne sais plus quoi. Dans un style un peu cantonais, sauce épaissie, crevettes cuites à point, légumes idem.

Il y a comme un côté rude, brutal, direct et franc, que l’on rencontre dans les boui-boui et les échoppes un peu partout en Asie. Quand c’est bon, il n’y a rien de meilleur. Une espèce de violence très très agréable, où rien qu’à voir les plats,on imagine sans peine le feu qui s’élève sous les woks, la graisse qui prend feu, les ustensiles qui claquent. Dans le service, dans la cuisine, pas de chichis, mais vraiment, pas du tout. On ne fait pas fusion, on n’essaie pas ou plus de s’adapter à la clientèle. On fait, on sert, et c’est super.

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C’est peut-être le plat que j’ai préféré ce soir-là. Pas parce qu’il était tellement meilleur que les autres, car tout était bon, mais parce que, comme disait une vieille pub de chips qui passait à la télé japonaise autrefois, “on ne peut pas s’arrêter, on ne peut pas s’en empêcher”. Des gros haricots, qui se grignotent, un, deux, trois puis dix, puis tout le plat. Jusqu’à ramasser les miettes de zha cai, de piment et d’ail qui restent au fond de l’assiette, quand il n’y en a plus.

Que ce soit la “galette de pommes de terre” ou les haricots dont je ne me rappelle plus du nom sur la carte, le principe est le même. C’est un peu ce qu’on appelle la karaagé en japonais.Le produit est assaisonné (dans le cas des haricots, cuits avant, évidemment), fariné et “frit/sauté” au wok avec une bonne quantité d’huile. Je suis prête à parier que tous les plats faits sur ce principe sont tous très bons.

Je ne connais pas beaucoup de restaurants comme celui-ci à Paris. Il y a de bons chinois, un peu partout. Mais peu sont si “authentiques” pour employer un mot que je n’aime pas beaucoup. L’ambiance y est pour beaucoup. Tables serrées, des Chinois partout qui parlent fort, qui piquent tout avec des baguettes sans se servir de la cuillère de service. La spécialité de la maison semble être des woks servis à table sur une plaque de gaz. Ça ajoute à l’ambiance avec la chaleur du feu, le crépitement de l’huile, et les odeurs, surtout les odeurs.

Ne pas confondre avec “Carnet de route”, également à côté de Saint-Lazare mais pas dans la même rue.

Carnet de Voyage
4 rue de Budapest
75009 PARIS
Tel 01 77 16 34 99
M° ou RER Saint-Lazare