Noël au Japon est une fête purement commerciale, destinée aux enfants et aux jeunes, et n’est même pas un jour férié. Par contre, le Nouvel An est ce qui remplace Noël en France : une fête familiale, avec des codes gastronomiques bien précis.

 

 

Mais avant d’attaquer toute la bouffe truffée de symboles du Nouvel An, dans la nuit du 31 décembre, nous mangeons des soba. Les soba symbolisent la longévité prospère, c’est à dire la santé (et donc une longue vie) et la prospérité (sans laquelle la vie sera courte) car ce sont des nouilles longues et fines.

 

Normalement, nous les mangeons vers minuit, pendant que nous entendons les cloches qui sonnent à tous les temples bouddhistes, chaque coup représentant un pêché que l’on laisse derrière soi avec le passage à la nouvelle année (tourner la page en quelque sorte). Les “toshi-koshi soba”, littéralement les soba pour passer l’année, sont d’habitude toutes simples.

 

Chez moi à Paris, pas de cloche bouddhiste, donc pas de pêché à oublier. Et des soba pas tout à fait comme au Japon car que des nouilles et du dashi…on crève de faim. Alors, je fais un tempura soba, c’est à dire un soba chaud dans du dashi, mais avec des tempura dessus. Mais aussi du kakiagé, qui normalement ne va pas dans le tempura soba. Bref…

 

Voici donc notre “bol de soba pour passer l’année”: 2 tempura de crevettes (y’avait marqué “gambas sauvages” sur le paquet, mais c’était des crevettes de taille très moyenne, arnaque), 2 tempura de 3 haricots verts chacun, histoire qu’il y ait un peu de verdure et donner l’impression qu’on mange équilibré, et 2 kakiagé, qui ne paient pas de mine mais qui étaient de loin ce qu’il y avait de meilleur dans le bol.

 

 

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Le tempura est difficile à réussir, mais le kakiagé est facile. Il n’y a pas de recette à proprement parler, c’est un comme l’okonomiyaki, on peut mettre ce qu’on veut. Moi je mets des sakura-ebi qui sont des crevettes très fines séchées (rien à voir avec les crevettes séchées chinoises, celles-ci sont presque translucides), du natto, et un peu de poireau qui trainait que j’ai émincé. Le tout mélangé à un peu de pâte tempura et tombé dans l’huile. Et voilà.

 

Pour le dashi, cette année pour la première fois, j’ai utilisé du dashi liquide que j’avais acheté chez Nishiki-dori market. Un dashi de kombu et un shiro-dashi ou dashi blanc. Le dashi blanc manque d’umami et fait trop sentir le sel, en tout cas pour moi. Le dashi de kombu est super concentré, il suffit de quelques gouttes et de l’eau pour faire un bon dashi de kombu qu’on obtiendrait difficilement avec du kombu. Mais le dashi de kombu seul n’allant pas super bien avec le soba qui marche mieux avec un dashi de katsuo, j’ai mélangé les deux. A cela j’ai ajouté le kaéshi fait maison que je garde toujours au frigo. (Pour info: le bouillon du soba ou d’udon se fait avec en mélangeant du dashi et du kaéshi, à volumes variables selon que c’est consommé froid ou chaud)

 

 

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Je posterai les recettes plus tard. Maintenant il faut que j’aille diner !