Okomusu – progression

Ce soir, nous sommes allés diner chez Okomusu.

Nous n’y allons pas très souvent malgré la proximité car je fais assez facilement des okonomiyaki à la maison. Cela faisait donc au moins un an que je n’y étais pas allée.

En plus, je viens d’envoyer une tribune à Atabula pestant contre la cuisine japonaise en France, où je cite notamment l’okonomiyaki (elle n’est pas encore publiée). Alors c’est malin.

(en fait elle a été publiée, c’est ici → Atabula dossier Japon)

Okonomiyaki "classique" porc et crevettes, avec sauce Otafuku, katsuobushi et mayonnaise japonaise.

Okonomiyaki « classique » porc et crevettes, avec sauce Otafuku, katsuobushi et mayonnaise japonaise.

Car l’okonomiyaki chez Okomusu a beaucoup progressé. Plus fourni, à la fois plus moelleux et plus gouteux, il a perdu le côté un peu aqueux qu’il pouvait avoir à ses débuts. Riche en chou et en igname, il n’est pas non plus noyé dans le gras, la sauce et la mayo ce qui change des autres restos à Paris.

Racines de lotus.

Racines de lotus.

Force est de constater qu’ici, l’okonomiyaki est meilleur qu’à la maison.

Hiroko Tabuchi, qui n’était pas une professionnelle de la restauration et qui n’y est venue que tardivement, n’a jamais eu la prétention d’être chef. Mais elle a le sens du goût, sans chichis, sans fioritures. Ce soir elle nous a servi des edamamé (soja vert) que d’habitude au Japon, on mange tout simplement blanchis et salés, mais qu’elle a fait revenir dans un peu d’huile, de la sauce soja et un soupçon de piment. C’était totalement inattendu et très bon.

Édamamé chauds.

Édamamé chauds.

Les racines de lotus sont assaisonnées de façon parfaitement classique et familiale, avec sauce soja, saké, sucre et sésame mais ils sont doux, très bien cuits et bons.

La carte a évolué, avec la possibilité de commander un demi-okonomiyaki, okonomiyaki sans gluten, végétarien, au natto, sans sauce, au ponzu…

Okonomiyaki mixte porc, crevette, seiche, au natto, servi avec une sauce ponzu. Il faut d'abord cuire une couche d'okonomiyaki, mettre le natto au centre et recouvrir d'une autre couche pour que le natto garde son gluant et son parfum.

Okonomiyaki mixte de porc, crevette, seiche, au natto, servi avec une sauce ponzu. Il faut d’abord cuire une couche d’okonomiyaki, mettre le natto au centre et recouvrir d’une autre couche pour que le natto garde son gluant et son parfum. Servi avec la sauce ponzu et évidemment sans la sauce Otafuku. J’aime beaucoup car ce n’est pas du tout sucré.

J’aimais déjà le dessert de rouleaux d’azuki, tout simple mais fait minute. Hiroko sert aussi maintenant des yukimi-daifuku, qui sont des daifuku glacés à la glace vanille (ou une sorte de crème vanille) créés par la marque Lotte en 1981. Lotte a perfectionné une technique pour garder le gyûhi (souvent confondu avec le mochi car nous l’appelons « mochi », le gyûhi est une pâte de riz gluant utilisé pour les gâteaux) mou même glacé.

Yukimi-daïfuku. "Daifuku qui regarde la neige"

Yukimi-daïfuku ou « daifuku qui regarde la neige »

Cette petite boule toute froide est devenue un classique dont personne n’ignore le nom. Elle est vendue par paquet de 4 et ce paquet est l’un des rares au Japon, où la durée de vie d’un produit est extrêmement court, à ne pas avoir changé de look depuis sa sortie.

Vous la trouverez partout, dans tous les supermarchés, les quais de gares, les convenience stores. C’est aussi commun que les fraises Tagada ou la glace Magnum en France.

On ne peut pas la manger entière car elle est froide. On ne peut pas la couper car elle est gluante. On la croque tout en l’étendant, comme un aligot.

Je n’ai jamais aimé cela. Mais ici à Paris, la vue de deux petites boules toutes blanches sur une assiette m’a presque tiré des larmes de joie et de froid. Nostalgie du Japon, bien sûr, mais aussi d’une époque où tout était plus simple.

Demi-okonomiyaki 7.50€ (6,50€ pour le végétarien)
Okonomiyaki 13€ (11€ pour le végétarien)

Okomusu
11 rue Charlot
75003 Paris
Tél : 01 57 40 97 27

 

 

A propos Chihiro

100% Japonaise, née à Tokyo, j'ai grandi à Paris, Londres et New York. Auteur de livres de cuisine, journaliste à mes heures perdues.

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