Jubei, obi et bento

Le vernissage de l’exposition d’obi de la maison Jubei de Kyoto a eu lieu mercredi soir.

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L’obi est la ceinture du kimono. C’est une bande épaisse qu’on roule autour de la taille et qu’on noue de façon ultra-compliquée. Souvent très onéreux car en soie et brodé à la main.

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La maison Sawaya Jubei a été fondée en 1766 et fait encore les obi selon les méthodes ancestrales, avec du tissage de Nishijin à la main par des artisans qui ont souvent les 80 ans bien sonnés, mais ça se perd. On porte de moins en moins de kimonos (et donc d’obi). Si autrefois on mettait facilement plusieurs milliers d’euro dans un kimono de qualité (ceux-ci coûtent plus cher qu’un vêtement occidental), aujourd’hui on peut facilement trouver des kimono synthétiques ou même en soie pas chers venant de Chine à quelques centaines d’euros tout au plus.

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Les fabricants traditionnels essaient de se diversifier en proposant d’autres usages des obi. Par exemple, en faisant des sacs à main, des chemins de table…Après, il faut voir qui voudrait manger sur un chemin de table coûtant 3000€…

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Ces obi sont fait sur des trames en papier japonais laqué et coupées en fils très fins. Je n’ai pas trop compris le secret de fabrication qui était présenté sur une projection.

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Les obi étaient fort beaux mais voici la partie qui me botte, moi. Le bento !
Enveloppé dans un furoshiki (tissu carré qui servait autrefois de sac pliable, cf sac Longchamp en encore plus pratique) avec Jubei, brodé dessus en kanji.

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On défait les noeuds et … 4 boites de bois blanc japonais, empliées, qui s’emboitent.
C’est un bento car parfaitement transportable.

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Marquage au fer du “logo” le nom de la maison en kanjis stylisés.

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Première boite :
Sato-îmo (sorte de taro mais beaucoup plus fondant) mijoté sucré
Hiramé (genre de turbot japonais) assaissonné et mis en kobujimé (enveloppement d’algue kombu pour le raffermir et le parfumer)
2 kuro-mamé (fèves noires sucrées)
Tamago-dofu (sorte de flan très moelleux, rien à voir avec le tofu)
Crevette cuite sucrée salée
Morceau de kabocha (le vrai potiron japonais)
Fleur de shiso
Une feuille verte au fond qui ne se mange pas.

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Deuxième boite :
Sériole
Oeuf dashimaki (sorte d’omelette faite avec du dashi)
2 gousses d’édamamé (soja vert)
Shira-aé de concombre et autres légumes émincés croquants (sorte de vinaigrette à base de tofu pour épassir)
Kinomé
Une feuille verte au fond qui se mange, c’était du shiso.

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Troisième boite : Macarons. Honnêtement les macarons me sortent par les oreilles et là je ne sais plus à quoi c’était. Il y en avait un au matcha (le vert !), un à l’anko (pâte de haricots rouges) et le jaune qui était au citron je crois.

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Et la dernière boîte contient évidemment le riz, incontournable. C’est un oseki-han ou “riz rouge” du riz gluant qui est cuit avec des haricots azuki d’où cette couleur un peu brune. Le rouge est une couleur auspicieuse en Asie et au Japon, on fait l’oseki-han pour les occasions.
Avec un bout de marron car c’est la saison du kuri-gohan ou “riz aux marrons” …

Ce bento était offert, avec son furoshiki, aux invités du vernissage, à déguster sur place ou à emporter. Pas en vente malheureusement.

Exposition d’obi de la maison Sawaya Jubei
Jugetsudo
95 rue de Seine
75006 Paris
Les 1 et 2 octobre seulement (eh oui, c’est fini).

A propos Chihiro

100% Japonaise, née à Tokyo, j'ai grandi à Paris, Londres et New York. Auteur de livres de cuisine, journaliste à mes heures perdues.

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