Clown Bar

N’étant pas super fan de la bistronomie, je ne vais pas très souvent dans les … néo-bistrots ?

Pourtant, il y en a quelques uns que j’aime beaucoup et où j’aimerais aller plus souvent, comme Pirouette, A. Noste, Pierre Sang Boyer…Le problème, c’est qu’ils sont tous pleins à la limite de l’explosion (il y a d’ailleurs très souvent des tas de gens sur le trottoir qui donnent l’impression d’avoir débordé des murs, comme le lait de la casserole). Et généralement extrêmement bruyants.

Ce soir, sur un coup de tête, j’envoie un message à Atsumi Sota, le chef du Clown Bar, qui est un copain sur Facebook. Je l’ai rencontré à l’époque où il était chef chez Vivant Table. Je suis allée une fois au Clown Bar, je crois en 2014. Si j’avais été impressionée par la cuisine chez Vivant Table, celle du Clown Bar ne m’avait pas plus enthousiasmée que ça. Il faut dire aussi que j’ai une réaction épidermique aux repaires communautaires et à l’époque, le Clown Bar était le QG des Japonais de Paris. Pire. Des cuisiniers japonais de Paris. Le genre d’endroit que je fuis comme la peste.

Mais ce soir j’avais envie de manger…bistronomie. Léger, joli, bien cuisiné, casual, pas trop cher…Tant pis si c’est un peu bruyant.

Miracle ! Atsumi Sota me répond aussitôt. Il y aurait deux couverts à 21h30…« On dîne dehors ! » criai-je à mon mari, qui déteste sortir. J’envoie la gamine chez la grand-mère, change mon jogging de travail contre un jean et voilà.

C’est à 20 minutes à pied de chez moi, une jolie promenade en ce soir de début d’été qui tarde à s’annoncer.

Si vous avez connu le Clown Bar à ses débuts, vous avez peut-être été confronté aux quantités homéopathiques des plats. On m’avait prévenu, c’est pour cela que j’ai attendu longtemps avant d’y aller. Puis quand j’y suis allée, j’ai trouvé que les portions n’étaient pas chiches. Lorsque j’ai fait la remarque au chef, il m’a répondu qu’on lui avait fait le reproche et que depuis, il servait carrément plus.

Aha. Comme quoi, ça sert, de faire des remarques désobligeantes.

La carte se présente en 4 parties. Les apéros (c’est moi qui les appelle comme ça, je ne sais pas comment ils les appellent au Clown Bar), les entrées, les plats et les desserts.

Parmi les « apéros » sont les bulots panés, un plat signature du chef. J’en avais pris la dernière fois et c’était très bon.

Cette fois nous avons essayé le saucisson de wagyu (par curiosité) et la ventrèche de noir de Bigorre (parce qu’on a cru que c’était un plat cuisiné).

Le saucisson de wagyu est bon sans être transcendental et la ventrèche, idem. Ce sont des assiettes de charcuterie, simplement coupée. Elles vont très bien pour accompagner un verre de vin, mais sont un peu bourratives pour des amuse-bouche, tout en étant un peu simples pour des entrées. Mieux vaut à ce moment-là s’en passer et prendre une entrée. Ou boire beaucoup de vin et ne prendre qu’un plat par la suite.

Nous avons pris 2 apéros, 2 entrées, 2 plats et 2 desserts. Et le chef nous a ajouté une entrée surprise.

Tout était bon, fin, bien réalisé et très agréable.

Deux plats cependant m’ont particulièrement impressionnée : la bonite et la daurade.

La bonite servie crue – une tranche épaisse d’une qualité exceptionnelle – dans bouillon frais de peau d’aubergine grillée, parfumé à la fleur de sureau avec un sabayon d’une réduction d’arêtes d’anguille fumée et de vinaigre de Xérès, monté au beurre noisette (je ne l’ai pas inventé, j’ai demandé au chef car impossible de deviner ce que c’était, pour cause…) est un petit bijou, frais, doux, riche, surprenant.

La daurade aux cerises et au fenouil était également tout en délicatesse, finesse … et c’était mes premières cerises de l’année. C’est toujours un peu émouvant…

Mon mari a bien aimé l’entrée qu’il avait commandée : le foie gras avec des petits bouts d’anguille fumée.

Et nous avons chacun préféré notre viande respective – lui la brioche de canard et moi le pigeon – une belle soirée dans la paix et la bonne humeur !

 

Saucisson de bœuf wagyu

Saucisson de bœuf wagyu

 

Ventrèche de porc noir de Bigorre

Ventrèche de noir de Bigorre

 

Bonite-aubergine-coriandre

Bonite-aubergine-coriandre

 

Daurade-cerise-fenouil

Daurade-cerise-fenouil

 

Foie gras-anguille fumée-radis-olive noire

Foie gras-anguille fumée-radis-olive noire

 

Pigeon-rhubarbe-betterave

Pigeon-rhubarbe-betterave

 

Brioche de canard-purée de dattes

Brioche de canard-purée de dattes

 

Kouign amann-vanille-pomme

Kouign amann-vanille-pomme

 

Tarte citron-sésame-miel

Tarte citron-sésame-miel

 

la carte

la carte

 

Tout ça avec un verre de Gamay très fruité et de l’eau gazeuse au filtre : 122€.

Clown Bar
114 rue Amelot
75011 Paris
Tél : 01 43 55 87 35

A propos Chihiro

100% Japonaise, née à Tokyo, j'ai grandi à Paris, Londres et New York. Auteur de livres de cuisine, journaliste à mes heures perdues.

Les commentaires sont clos.