C’est la fête à l’Astrance !

N’exagérons pas, ce n’est pas une teuf genre danseuses du ventre et Chippendales, champagne à flot et tout le monde bourré. Non, c’est juste un magnifique déjeuner avec les “filles du Chêne”, c’est à dire l’équipe qui a fait le livre “Astrance”, enfin arrivé chez l’éditeur, pas encore sorti en librairie évidemment.

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Pascal Barbot et Christophe Rohat nous ont très très gentiment invités pour fêter la fin de ce livre qui nous a quand même pris un peu de temps et d’énergie (4 ans ! !). C’est drôle que ce soit pratiquement le seul restaurant à ma connaissance à inviter toute l’équipe qui a fait le livre du restaurant, alors que ce sont des patrons et non des salariés (donc ils en sont de leur poche). C’est le genre de bonne résolution que les cuisiniers ont pendant qu’on fait le livre mais qu’ils ne réalisent jamais une fois que le livre est sorti (c’est toujours comme ça, les bonnes résolutions…) Tout ça pour vous dire qu’il s’agit d’un évènement rare. Le public s’imagine que les éditeurs sont toujours fourrés au resto gratos parce qu’ils font un livre…eh non, cela n’arrive pas si souvent que ça !

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Nous étions donc 8 à table (nombre maximal pour une table à l’Astrance). Que des nanas. Eh oui, les Éditions du Chêne sont fortement féminisées, les rares hommes rasent les murs et les bonnes femmes sont rois ! Alors ça rigole, ça papote et ça arrive quand même à faire des livres. De très beaux livres parfois. Comme celui-ci.

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Mais pour revenir à ce superbe déjeuner. Prévu depuis au moins 3 mois, inscrit en grosses lettres rouges sur les agenda de tout le monde. Évidemment, je me réveille…à 12h41 ! ! Et le déjeuner était à 13h…Il ne faut pas le dire trop fort mais je n’ai même pas pris ma douche…juste passé la brosse à dents et un coup d’eau sur la tronche. Je me précipite, grille les feux rouges, dépasse toutes les limites de vitesse… pour trouver la porte de l’Astrance fermée.

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Ah ! Les garçons de l’Astrance ! De mauvais plaisantins ! Des grands enfants qui refusent obstinément de grandir. Bien sûr, c’était une blague. Après que j’eus presque défoncé la porte, on vient enfin m’ouvrir. Je m’excuse auprès de Fabienne, Valérie, Sabine, Françoise, Sherri, Hélène et Lyn, qui n’en étaient qu’à leur coupe de champagne. Et voilà que Christophe arrive, tel un moins officiant une cérémonie, arborant une très fausse solennité, avec une pendule dans les mains ! Bon, d’accord, j’ai 20 minutes de retard…et tout le monde qui m’attend…

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Après les amuse-bouche, le millefeuille de foie gras, ou la tarte fois gras-champignons, selon la terminologie du jour et de la personne. Plat signature de l’Astrance qui a figuré tellement souvent sur ce blog que je ne le reproduis plus ici.

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Puis un nouveau plat, un calmar à la papaye, mangue et ananas. Génialissime accord de fruits exotiques, acidulés, peu sucrés. Le calmar est comme ceux des mers de Thaïlande, il est très tendre, petit, sa chair est fine. Non, ce n’est pas le calmar du sushi, épais et plein d’umami. Ce n’est pas non plus le calmar de la paëlla, plus charnu. C’est celui que j’ai essayé de faire en sashimi à Koh Lanta un jour, dans la cuisine du bungalow où nous étions. Avec une planche pas lavée (il n’y avait pas d’eau courante à l’époque) et un couteau qui ne coupait absolument pas. Fin, léger, discret, aux parfums des vacances. Un très joli plat qui joue sur l’acidulé pointu de ces fruits exotiques, la texture croquante mais douce, un peu veloutée, de la papaye verte en fine julienne, de la mangue en lamelles et de l’ananas en une mousse évanescente.

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Et là, c’est le soir, j’ai faim. Je continuerai la suite demain, si vous le voulez bien…

(à suivre…)

A propos Chihiro

100% Japonaise, née à Tokyo, j'ai grandi à Paris, Londres et New York. Auteur de livres de cuisine, journaliste à mes heures perdues.

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