A propos de ce blog

Je gagne ma vie en écrivant des livres de cuisine, parfois seule, parfois avec des chefs, petits et grands.

Dégustation d’un plat en prenant des notes sur le PC portable.

Je suis aussi un tout petit peu journaliste , mais je n’aime pas beaucoup cela car il n’y a jamais assez de place dans les magazines pour les petits détails probablement insignifiants qui me semblent pourtant importants. Pour être un bon journaliste il faut savoir être concis. Je ne sais pas faire.

Je ne suis pas critique gastronomique. On confond souvent toutes ces professions : critique, journaliste, écrivain, auteur… Sur ce blog, je critique certes, mais ce ne sont que des impressions très personnelles, très subjectives, que je partage parce que j’aime écrire et qu’ici, contrairement aux livres, je suis libre de m’exprimer comme je veux. Si je n’ai pas aimé un restaurant que vous avez adoré, c’est notre droit à tous les deux et c’est très bien, c’est cette variété – sans conflit – qui fait que le monde est gai.

Il y a polémique depuis quelque temps sur « Peut-on blogger si on ne paie pas l’addition ? » Pour ma part, je préfère payer l’addition car je n’aime pas me sentir redevable. Ce n’est pas par éthique professionnelle ni morale personnelle. C’est juste que mon grand-père m’a dit : « Rien n’est plus cher que ce qui est gratuit » (vieux proverbe japonais) et de là, j’ai conservé une vague peur de ce qui est gratuit. C’est aussi pour cela que j’essaie de refuser les échantillons de parfums chez Séphora.

Prise en flag par mon grand-père…

Mais de la même façon que c’est difficile de refuser un échantillon de parfum (essayez, c’est surprenant), c’est parfois difficile de refuser une invitation. Même s’il est beaucoup plus rare d’être invité au restaurant qu’on ne pourrait le croire – on oublie qu’un resto, c’est un commerce ! Cela arrive généralement à la fin, lorsque je demande l’addition et qu’on me la donne avec un gros ZÉRO en bas. Alors je n’écrirais pas de mal d’un restaurant qui m’a invitée surtout si je connais bien le chef. Si je ne peux pas être positive, je n’en parle pas. Bien sûr, il y a des tas de restos où je suis allée et dont je ne parle pas même si j’ai beaucoup aimé, par manque de temps, parce que j’ai oublié l’appareil photo ou que les photos étaient vraiment trop floues…

Je ne critique jamais un chef avec lequel je fais un livre car je ne fais de livres qu’avec des chefs dont j’aime la cuisine et la personnalité. Ce serait impossible, sinon.

En revanche, il m’arrive de m’énerver au restaurant, dans un magasin, parce que le produit – la cuisine est aussi un produit de commerce – n’est pas bon, est cher pour ce que c’est, ou qu’on prend les gens pour des imbéciles qui achèteraient n’importe quoi sous prétexte – souvent – que c’est japonais. Dans ce cas je le dis. Mais cela n’engage que moi et je pense sincèrement que le goût est subjectif, que l’essentiel, c’est qu’on aime.

Lorsque je ne suis pas au restaurant, je cuisine chez moi. Ma cuisine n’est ni soignée, ni bien présentée et mes gâteaux sont catastrophiques. D’ailleurs je n’en fais presque jamais. Mais cuisiner (salé), j’aime bien.

Mais je préfère manger, je crois.

Avec ma mère dans un restaurant à Venise.

Pendant très longtemps, je n’ai pas voulu écrire sur la bouffe. C’est parce que  ma mère l’a fait avant moi, parce qu’elle m’a trimbalée dans des tas de restos, chers, pas chers, sains, pas sains, un peu partout dans le monde, avant que j’apprenne à marcher et que je voulais devenir avocate ou psy. Finalement je me suis rendue compte que la cuisine, c’est facile, inoffensif, relativement sédentaire et toujours agréable. Maintenant je voudrais devenir archéologue, mais c’est probablement trop tard.

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