Toraya est en quelque sorte une vieille institution parisienne. C’est la première et aujourd’hui unique pâtisserie japonaise qui fait aussi salon de thé. Pour prendre le thé, ce qui est bien, c’est le calme. Par contre, l’ambiance est “zen” si l’on veut, morne pour être plus franc, et la déco…eh bien c’est une question de goût et peut-être même de génération. C’est très bizarre car Toraya est une très ancienne institution japonaise, une pâtisserie de renom qui est situé en plein Ginza, avec toutes les boutiques et restaurants de luxe. On pourrait croire qu’ils auraient les moyens de s’offrir un mobilier un peu plus dans l’air du temps, avec des tables qui ne font pas penser à des tables de salles de réunion, des plateaux qui ne font pas si furieusement penser à des plateaux en très fausse laque. Ça fait vieux, cheap et c’est moche (en tout cas pour moi).
La sélection de gâteaux est grosso modo celle qui est vendue. Rien de bien excitant: gâteaux de saison avec les noms japonais d’usage du genre “brume d’automne” ou “cerisier du printemps”. Je confirme: ça a tout à fait le look des pâtisseries japonaises. Ce n’est pas fait pour les touristes (c’est à dire, dans le cas présent, les Parisiens).
La boîte est belle, avec le tigre mythique un peu chinois (mais c’est japonais). Les gâteaux sont dans des mini-barquettes individuelles pour que cela reste bien en place. Pas super esthétique comme packaging, mais au moins ça a un coût et ce n’est surtout pas recyclable.
Mais ce qui me dérange le plus, c’est le caractère insipide de ces gâteaux. Qu’ils soient avec une sorte de génoise au thé vert (les 2 du dessous) fourrée à la pâte d’azuki, ou encore aux “marrons” (en haut à gauche), ils se ressemblent tous au goût, en texture, en tout. C’est vrai, les wagashi (littéralement gâteau japonais) se ressemble tous un peu. Il y a très souvent de la pâte d’azuki à différents degrés de solidité de la pâte: soit carrément les haricots entiers mais qui collent bien ensemble, soit à moitié écrasés, soit complètement écrasés pour former une pâte lisse. Très souvent aussi, l’utilisation du riz, gluant, en farine…parfois des œufs mais dans des gâteaux à “influence étrangère”, tellement lointaine qu’on l’a oublié depuis longtemps. Du sucre, toujours et jamais de matière grasse. Pour ceux qui sont anti-beurre, c’est idéal.
Mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas bon. Or ici, ce n’est pas bon. Ce n’est pas mauvais….c’est insipide. Est-ce parce que les produits ne vont pas? Ou parce que tout est congelé? Ils ont l’air de se garder vaaachement plus longtemps qu’au Japon…mais on va dire que c’est dû à la différence de climat.
En tout cas, au prix où sont ces gâteaux fades comme c’est pas permis, je préfère un bon millefeuille même si les wagashi me manquent parfois un peu.
À l’heure du déjeuner, il y a un déjeuner qui vaut encore moins son prix que les gâteaux. C’est hyper léger (diététique?), banal, pas particulièrement bon, le genre de truc que je fais avec des restes quand j’ai un creux à 2h du mat.
Toraya
10 Rue Saint-Florentin 75001 Paris
01 42 60 13 00


22/05/2013 at 00:47
21/05/2013 at 18:07
20/05/2013 at 02:49


Concernant l’atmosphère pour prendre le thé, je ne suis pas d’accord, ou alors je n’y suis pas allé un bon jour. J’ai trouvé l’endroit extrêmement bruyant, avec une acoustique très dérangeante. L’impression d’être en plein quartier chinois plutôt que dans un pavillon de thé…
Ah! peut-être que je n’y vais qu’en dehors des « heures de pointe », c’est possible, comme il n’y a rien à manger!
Ah, enfin quelqu’un qui reconnaît que pour le prix, tout cela est un peu léger! (je ne parle pas uniquement de la taille des gateaux).
Je m’y étais rendue avant d’aller au Japon, il y a peut-être 3 ans, et j’avais été très déçue. Mais je m’étais dit « Bon, qui sait, peut-être que c’est ça la patisserie japonaise, et que mon palais occidental n’est pas habitué ».
J’ai découvert en allant au Japon l’an dernier, que non, le problème n’était pas moi, mais bien Toraya. J’ai du tester toute la gamme des sucreries japonaises, et j’ai tout aimé. Surtout, ce qui m’a bluffé, c’est la différence de prix. Certes, Toraya se veut « maison de thé haut de gamme », et la qualité est peut-être meilleure que celle des mochi de supermarchés. N’empêche, ca reste pour moi des ingrédients modestes : du riz gluant, des haricots. Et même si ce n’est pas très orthodoxe de dire ça, je me suis bien plus régalée avec les mochi acheté 1 euro la pièce dans les supermarchés japonais, qu’avec les wagashi de chez Toraya.
Pour tout te dire moi aussi…Ce qui me manque: les mitarashi-dango, trois boulettes en brochette, recouvertes non pas de anko, mais d’une espèce de sauce brune translucide, sucrée salée. Évidemment c’est meilleur quand c’est de qualité mais je ne crains pas la version supermarché, qui a son charme. J’ai tout les ingrédients pour les faire, mais pas eu le courage encore…c’est du boulot!
Désormais, il y a aussi le (tout petit) Walaku dans le 7eme pour prendre un thé et manger une délicate pâtisserie (ou déjeuner : http://ariane.blogspirit.com/archive/2012/01/07/walaku-le-japon-delicat-a-paris.html )
Merci! Ariane pour l’adresse, j’y ferai un tour quand il fera moins froid…
Bien sûr! Les dango, mon dieu, je les ai testé à toutes les sauces. Que de nostalgie :’)