Bento 2–dans le train, le retour cette fois

Après une nuit à Tokyo, me voici repartie sur un Shinkansen (TGV japonais) en direction de Karuizawa.

Cette fois, un bento « romance d’automne » … ça sonne mieux en japonais, « aki no roman ».

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Voici une des innombrables boutiques de bentos qui sillonnent la gare de Tokyo. Cette gare accueille chaque jour quelques millions de personnes, plus que la population entière de Paris. Je n’ose imaginer le nombre de bento qui sont vendus.

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C’est le Japon, alors il faut changer souvent. Donner un thème, une couleur, une musique. Et bien sûr, comme dans toute la cuisine japonaise, respecter les saisons, comme ici, un bento d’automne. Je ne sais pas si le développement des nouveaux bento est la responsabilité de l’équivalent japonais de polytechniciens ou d’énarques, ou si c’est le fabricant qui doit toujours avoir des idées. Dans le fond, le contenu ne varie pas tant que ça. Mais les noms, le packaging, les petites touches doivent changer. Les Japonais sont volages et se lassent très vite.

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Quand on est Japonais, on n’arrache pas le packaging. C’est « mal élevé ». On enlève soigneusement le scotch pour plier le bandeau. Les autocollants japonais s’enlèvent généralement assez bien, sans laisser de trace.

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À la base, toujours du riz. J’ai constaté qu’il y a de plus en plus souvent du riz assaisonné, c’est-à-dire cuit dans un dashi avec ou sans aliments solides. On appelle cela taki-komi gohan. Ensuite, le gobo, le konjac et le shiitaké, mijotés sucré-salé, sont des constantes. D’autres mets qui reviennent très souvent sont l’omelette japonaise, le saumon salé grillé, la patate douce, et une friture. Tout est toujours sucré-salé, à base de sauce soja, sucre, mirin, saké. Dans le nord, plus salé. A l’ouest, plus sucré (région de Kyoto, Osaka). A l’est, les deux (Tokyo).

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Ici on retrouve l’automne est dans les lamelles de matsu-také, l’équivalent du cèpe en France mais plus rare et plus cher. On l’aime pour son parfum, sa texture croquante. On l’aime beaucoup moins pour son prix, exorbitant. Alors un petit bout….juste pour dire que c’est l’automne.

Puis, le ginnan ou noix de gingko. Tendre et doux, avec une très légère amertume en arrière bouche. Juste une ou deux, pour une note différente. Elle aussi symbolise l’automne. Ici, il y en a une teintée en vert et un peu acidulée, l’autre est nature. Les meilleures que j’ai goûté dans ma vie venaient de l’ile de Shikoku. On l’utilise aussi dans la cuisine chinoise, mais comme c’est la Chine, de manière beaucoup plus généreuse. La noix de gingko chinoise est beaucoup plus prononcée en goût, comme tout le reste d’ailleurs.

Une feuille d’érable d’automne (cf les couleurs) faite de kuzu et de je ne sais quoi d’autre. Cela n’a pas beaucoup de goût : elle sert pour la texture et surtout pour la couleur.

Ah oui et toujours un marron, pour l’automne, bien sûr.

La condition sine qua non d’un bento est la variété. Variété de produits, de cuissons, de couleurs, pour susciter l’appétit. Ce bento était un tout petit peu meilleur que celui d’hier. À 890 yen, cela reste raisonnable.

Encore une fois, ce n’est pas super bon! Mais c’est pour le fun. Le plaisir d’ouvrir un “paquet cadeau” bien fait. Le plaisir des yeux. Le plaisir de goûter à plein de choses différentes même si à chaque fois on est déçu par le goût, cela reste amusant. C’est le voyage.

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Plateforme vue du train, au moment du départ. L’arrière d’une autre boutique de bento. Un distributeur de boissons et les différentes poubelles (canettes, bouteilles en plastique, papiers, déchets…)

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2 commentaires à “Bento 2–dans le train, le retour cette fois”

  1. Mat
    07/02/2013 at 13:01 #

    Quel bonheur ces bentos, et quel haut niveau de qualité (surtout si l’on compare à ce que l’on trouve en France, les trop fameux « sandwichs SNCF » infâmes…). Encore un exemple de l’avance et de la supériorité (si si!) de la cuisine japonaise sur la cuisine française!

    Je vous conseil (si vous ne le connaissez pas encore) ce superbe petit livre qui vient de sortir « L’heure du Bento » de Naomi et Satoru ABE (Editions Ph. Picquier). Un régal visuel pour les photos, mais surtout une approche vraiment humaine, touchante et sensible de la culture japonaise. (Titre original : Obento no Jikan)
    En fait, je fait un parallèle avec le génial « Astrance – Livre de cuisine » (pour moi LE livre de cuisine de l’année) car on y trouve aussi cette approche un peu décalée : plutôt qu’un étalage de recettes techniquement inaccessibles, c’est plutôt une lecture de l’âme des cuisiniers, de leurs émotions, de leurs visions. Un vrai bonheur. :)

  2. chihiro
    19/02/2013 at 03:45 #

    Merci! Non je ne connais pas ce livre mais je vais aller voir si je le trouve.

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